Arrivée suante

Publié le par Marinchen

Au commencement il y eu le désert. Puis Dieu créa la chaleur du soleil. Ensuite il souffla un air brûlant sur ce lieu. Il décida d’y ajouter des gens et de leur donner des grands foulards pour s’abriter. Puis il y eu la tente en toile,  la maison et enfin un peu d’eau. Ensuite le ventilo fut envoyé du ciel pour donner des instants de court répit aux habitants. Enfin stade ultime, la clim fut installée dans quelques rares endroits privilégiés.

Comment dire ? J’ai chaud ! Je sue ! J’ai soif !

Embarquement à Paris où je frissonnais depuis deux jours en fin d’après-midi. Il fait 11° dehors, le printemps semblé avoir changé d’avis. Arrivée quelques heures plus tard en début de soirée à Casablanca. « La température extérieure est de 16° ». Mince ! Moi qui espérais faire une étape un peu plus chaude pour me préparer à Niamey. Tant pis, je réembarque directement dans le prochain avion et tente de dormir. Quelques minutes avant l’atterrissage, les angoisses liées au climat me reprennent. Mon cœur bat la chamade tant j’ai peur du dehors. Du coup le choc est moins rude que ce que je pensais : je m’étais représenté une fournaise infernale J Les 34° du dehors sont certes peu agréables, surtout à 2h00 du matin mais ça passe.

Je suis restée une journée et une nuit chez l’oncle d’un ami. Grande villa, chauffeur, piscine. Et même clim dans la chambre : un réel luxe ici. Je prends mes marques, laisse mon corps s’habituer à la chaleur. Pas facile mais vivable. En effet il faut trouver des stratégies, des siestes, des douches, la proximité du ventilo. Bref je lis, je dors, je joue avec le bébé d’Aïcha la femme de maison. En fin d’après-midi Elodie, ma future colloc vient me chercher et je découvre Niamey de jour pour la première fois. De grandes routes ensablées et des gens au bord. Pas de buildings, pas de grands bâtiments à par quelques ambassades et ministères.

Nous traversons la ville pour rejoindre sa maison où une chambre m’attend. C’est très sympa ! Beaucoup plus modeste que la maison précédente certes mais répondant déjà plus à mes habitudes de vie. Je vais donc vivre jusqu’à nouvel ordre avec Elodie et Mallah travaillant tous les deux pour une association qui produit un journal et mène des programmes de radio. Ensuite il y a Salim étudiante en journalisme aussi. Tous sont accueillants, sympas et ouverts ! Ils ont toute leur vie ici, connaissent des gens à la pelle donc je vais vite découvrir la vie locale.

Il y a un salon, une cuisine à peu près équipée (un frigo !), une super terrasse à l’ombre, quelques arbres. Et un minuscule chat qui a une tête trop bizarre mais qui m’a déjà adopté. Les ventilos sont en marche jour et nuit heureusement ! Cette nuit par exemple j’ai réussi par miracle à dormir presque 8 heures d’affilée, mais je me suis réveillée trempée de sueur au petit matin : les draps, l’oreiller, le pyjama trempés. Et non je ne fais plus pipi au lit !

Bref on apprend à contourner la chaleur, à l’apprivoiser. Douches trois à quatre fois par jour, sodas, sieste. Et puis il ne faut pas trop s’exciter. Ca me change du métro parisien tiens.

Le Niger est un des pays les plus pauvres du monde. Je le savais des livres avant d’y arriver, aussi des choses qu’on me disait dessus, des gens qui y étaient passés. Ca  se ressent de partout. Surtout par le visage qu’offre Niamey. Pauvre, terreuse et aucune trace ou peu d’organisation urbaine au sens où on l’entend chez nous. Les coupures d’électricité sont plus que fréquentes et l’accès à internet est un véritable chemin de croix. La situation est très critique actuellement et la situation alimentaire s’est énormément détériorée durant les derniers mois. Des chercheurs qui vont faire leur terrain d’enquête au Nord et à l’Est m’ont dressé un constat plus qu’accablant : des familles entières de nomades sont livrées à elles-mêmes,  les bêtes meurent en route…bref on dirait que la crise de 2005 veut remettre ça. Il paraît qu’en l’espace de quelques semaines, la mendicité dans la rue a explosé. Les gens affluent des environs pour trouver une source de revenus même dérisoire à Niamey. En voyant la pauvreté en ville, j’ai du mal à imaginer ce que je vais voir dans les campagnes.

Le Centre de recherche est sympa, il y a un centre de documentation (climatisé !!) où je peux bosser en journée. Je peux y rencontrer les chercheurs et les étudiants. C’est vraiment un endroit idéal pour moi et pour faire avancer mon travail qui, je ne le cache pas reste bien bien flou. Pour ceux qui l’ignorent, je vais donc travailler sur la perception de la présence chinoise au Niger. Vaste sujet !

Je vous redonne des nouvelles prochainement tant que la connexion internet le permettra, rien n’est moins sûr !

Mon numéro nigérien est le +227 90 65 40 49 et j’ignore encore où je peux obtenir du courrier.

Je vous embrasse ! Marine

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Michéle et Georges 25/05/2010 15:24


Nous pouvons récupérer les bougies que nous avions placées devant Saint Médar
pour obtenir la pluie sun Niamey!!Bravo pour le résumé de la vie politique locale.
Nous serons toujours gourmands de tes commentaires.Bon courage pour la suite
et mille grosses bises pleines de flotte.


pascale 24/05/2010 21:09


Marine chérie

Je suis ravie que le vent de la Pentecôte, ayant soufflé non des langues de feu mais des gouttes de pluie avec 24h de retard sur le calendrier grégorien, vous réjouisse. Que cette eau te donne
l'énergie indispensable pour débuter ton escalade à l'assaut de la montagne de ....ton mémoire!
Bravo pour ton résumé précis de la situation politique
Pascale


pierre henri 10/05/2010 18:53


salut marine, toute la famille t' embrasse et pense a toi, je vais essayer de venir souvent sur ce blog, pour pouvoir te surveiller un peu, comme un parrain consciencieux..
plein de bises!!


DH84 10/05/2010 09:18


Content d'avoir de tes nouvelles...
Envoie nous qq rayons de soleil, on se caille ici, entre la pluie et le vent

bises, take care

Etienne


Cora 09/05/2010 18:11


Coucou ma couz' !
Tu vas vivre une très belle aventure et je suis super fière de toi. Tu vas vite la dompter cette chaleur, ne t'inquiète pas !!!
En tout cas, j'ai vite envie d'en savoir plus... et surtout connaître les impacts de la présence chinoise au Niger... ;-)
Biz biz
Cora