Un week-end Niamey'in

Publié le par Marinchen

Enfin le vendredi soir…on lâche les ordinateurs, les bouquins, le dictaphone et les entretiens… Après avoir tout rangé dans le sac, Clélie et moi partons chercher des habits que nous avons laissés chez le tailleur : il s’est dépêché de finir pour que nous ayons les robes pour le mariage prévu le lendemain. Elles sont superbes, broderies fines, couleurs agréables, mesures parfaites. Il est vraiment doué. Après cela, pendant que Clélie fait une interview de dernière minute, je file à la piscine olympique pour profiter de la nocturne. Certes l’eau est encore un peu chaude (tiède dirons nous) mais ça fait du bien de nager, de faire l’équilibre sous l’eau, de sentir un semblant de fraîcheur…mon amie me rejoins et nous finissons la soirée au bar/restaurant de la piscine, un endroit magnifique qui donne sur le fleuve Niger, pour manger un bon poisson aux légumes.

3tetesmariage« Le samedi à Nia-a-mey c’est le jour de mariage ! » Ce mariage nous en entendons parler depuis un bon bout de temps : Aissatou la cousine de Salim se marie avec un Nigérien dont la famille s’est installée à Accra. La maman de Salim s’occupe depuis plusieurs semaines de l’organisation et nous a gentiment invitées à la fête qui va durer plusieurs jours. Le samedi matin a d’abord lieu la « Fatia », le mariage religieux où les époux ne sont pas présents. C’est assez tôt vers 7h du matin (donc je n’y ai pas assisté !) et l’évènement rassemble plusieurs marabouts qui récitent des versets du Coran selon la coutume. Vers le milieu du jour vient l’heure du « Foyandi », le moment où toutes les femmes se regroupent dans l’entourage de la mariée. Nous sommes donc allées dans la maison de famille de la mariée, une belle villa au Plateau (le quartier chic de Niamey) où se bousculaient des dizaines et dizaines de femmes et d’enfants. Partout dans la rue, dans les jardins, dans la cour sont installées confortablement des Nigériennes vêtues de magnifiques boubous et bazins (sorte de tissu un peu plus rigide et brillant que le pagne traditionnel) de toutes les couleurs.

Clélie et moi nous sentons bien piteuses dans nos robes en pagne qui nous descendent jusqu’aux pieds. Les femmes nous font entrer dans la maison et nous devons nous frayer un passage entre les nombreuses tanties, mères, sœurs, cousines, amies qui ont littéralement envahi tout le salon, sol inclus. Nous sommes invitées à allées saluer la mariée qui se trouve dans une chambre.

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Elle est assise, voilée sur un lit entourée d’autres jeunes filles. Elle me semble incroyablement triste et j’ai l’impression de lui apporter les condoléances plus que mes félicitations. Les explications viennent plus tard : ici la mariée est censée montrer sa tristesse le jour de son mariage, et même des pleurs. Cela montre qu’elle est triste de quitter sa famille, c’est comme une marque de respect finalement. Tout le contraire de chez nous.

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Nous allons nous asseoir à l’extérieur pour rejoindre les garçons. Il y a seulement de jeunes hommes…les hommes plus âgés sont entre eux, à l’étage. Nous faisons connaissance avec une bonne partie des cousins et cousines de Salim. Un peu difficile de savoir qui est frère ou sœur de qui, mais au final ça n’a pas d’importance. Nous mangeons le riz au gras et la pâte de mil dans le plat qu’on nous sert au milieu du cercle. Je réalise à quel point je dois sembler ridicule à mes voisins en tentant désespérément de manger avec ma main. Tant pis, il faut essayer ! Et Clélie n’est pas meilleure !

Je prends quelques photos des gens, et me dirige vers l’extérieur de la maison où une tente a été tendue pour que des groupes (bien connus au Niger) viennent jouer. Des jeunes filles dansent en remuant leurs fesses d’une manière que jamais je ne pourrai surpasser dans toute une vie ! A un moment le chanteur m’aperçoit sur le côté : malheur à moi ! Me voilà tirée au milieu du cercle devant les musiciens afin de bien prouver à tout le monde que les Anassara (blancs), et bien ils ne savent pas bouger le derrière J J’essaye quand même encouragée par les autres danseuses et nous rigolons bien. Le chanteur change même les paroles de sa chanson pour dire « La blanche, elle est venue danser » ou quelque chose comme ça.

danse

La soirée continue par un concert de musique touareg « Koudede » au Centre Culturel Franco-Nigérien.

http://www.myspace.com/koudede

 Le public n’est pas très funky et très blanc…mais bon la musique est belle : les rythmes répétitifs typiques de ce genre de musique sont agréables à l’oreille et ça me rappelle quelques bons souvenirs d’un chouette concert touareg à Paris, même si ici cette musique prend une toute autre dimension. Rejoins par des amis kenyans (enfin de la pratique de l’anglais merci !!) nous allons finir la soirée dans différents maquis, évoquant les collines vertes de Kigali, la région Est du Niger, et en chantant, attention….le tube de la Coupe du Monde, Shakira …Oh mon Dieu que m’arrive-t-il ?

Bon du coup le dimanche est plutôt tranquille...ménage à droite, à gauche, lessive à la main (bonheur…) et puis ‘fadda’ chez Koy un cousin de Salim. La Fadda signifie un groupe de jeunes qui se retrouvent pour boire du thé et discuter tout l’après-midi. Nous arrivons en retard, pile pour déguster le plat collectif posé sur la natte, dans la Cour, riz mélangé à des haricots avec du poisson. Les frères et cousins sont là. Et une petite nièce dans sa robe de princesse. La moitié de la maisonnée est à l’heure du foot, l’autre à l’heure du thé. Je choisis la seconde option.

On met du temps à préparer le thé. Moi-même je n’ai pas encore pris le temps d’apprendre à la faire. Je ne saurais décrire les étapes exactes, mais en gros sur un petit poêle rempli de charbons, on fait revenir de l’eau avec du thé vert. Il faut à un certain moment ajouter du sucre, le verser d’un verre à un autre  une bonne quantité de fois, et sans rien renverser bien sûr. A la fin on obtient un thé très très concentré et fort, assez amer. Normalement on fait trois thés : le premier est le plus fort et amer, le deuxième s’adoucit, le dernier est plus clair.

Celui que nous a préparé Torodo, un ami de Koy est de la catégorie A. Je me concentre et j’essaye de finir l’équivalent de 15 cl. Pas facile mais après le repas, on se sent mieux avec un thé.

Enfin le dimanche se finit avec le cocktail du mariage qui se trouve au Grand Hôtel, un des hôtels les plus huppés de la ville où se côtoient hommes d’affaires importants, expatriés en tous genres, Nigériens friqués et touristes de première classe. Tout est schématisé, organisé, tout le monde est élégant à sa façon et on sert du jus de gingembre ou du coca comme apéritif (hmm, regard interrogateur de Clélie et Marine, mais où est le champagne enfin !?). Les gens font la parade devant les mariés qui trônent sur de grands fauteuils en osier. Le moment le plus « drôle » de la soirée a été celui où on a amené les méchouis sur des petites tables. Méchoui non découpés attention. J’ai du louper le signal de départ (je ne m’y ferai pas reprendre par toutatis !) mais à un moment la totalité des invités s’est retrouvée autour de la petite dizaine de table. En 10 minutes il n’y avait plus un poil d’agneau nulle part J Un ami a quand même réussi, héroïquement je dois dire à me ramener un bout de viande ! C’est marrant, j’ai repensé aux buffets de chez nous, aux mariages et fêtes. Tout le monde semble si chic, si poli mais quand il s’agit d’aller chercher les roulés aux saucisses ou les toasts au saumon, pas de quartier !! C’est partout pareil !

Voilà les anecdotes d’un week-end animé à Niamey…la tête reposée pour se replonger des les bouquins et les questionnaires d’enquête !

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Nathoun 08/07/2010 22:34


Clélie, je n'ai pas encore reçu la vidéo secrète que tu as faite de la danse des fesses de Marine ?! Peux tu faire une nouvelle tentative d'envoi... ;-)


Magali 04/07/2010 10:41


Enfin des photos !
Très déçue de ne pas t'avoir vu en plein exercice de danse ! :-)
A très vite !


Georges 29/06/2010 22:34


Tu nous donnes envie d'aller nous remarier à Niamey!Je ne penses pas que
Mamie soit d'accord!Tes commentaires sont très intéressants et instructif
Nous avons été bien contents de te voir ce matin et de discuter avec toi.Il
faudra recommencer.Mille grosses bises.